Matières imposées

English et español, ou español et english? Le choix de la langue 1 était simple. Cela dépendait uniquement des effectifs. Les parents pouvaient inscrire leur enfant, par exemple, en anglais langue 1 et le retrouver en espagnol langue 2. Question d'effectif. Ce fut mon cas. Il ne serait pas venu à l'esprit des parents de manifester la moindre contrariété. L'Administration décidait, imposait, elle était souveraine et les sujets obéissaient. Le choix des langues, la série, les conseils de classe, les orientations, tout était régi à l'insu des parents (et forcément des enfants!). Et le diktat tombait sans que personne n'ait son mot à dire!

Dans les propositions de langues vivantes, je n'ai pas mentionné l'allemand. Dans les années soixante, la société française était encore conditionnée par la mémoire de la deuxième guerre mondiale et de l'occupant allemand. J'ignore ce qu'il en était en Alsace ou Lorraine, mais, dans le Sud-ouest, étudier l'allemand était presque considéré comme une trahison. On ne disait pas les Allemands mais les boches, les schleus. Un petit bonheur du quotidien et c'était: 'Encore une que les boches n'auront pas.'

Dans les années 80 à 2000, les parents bien- pensants inscrivaient leurs enfants en allemand langue 2, voire langue 1. Ils pensaient qu'ainsi leur progéniture serait dans une classe de bon niveau et échapperait à la caillera qui faisait anglais- espagnol (hou!). Dans les années 60, le latin remplissait la même fonction.