Le choix des langues était déterminant mais sensiblement différent du système de valeur actuel. En premier lieu, le nec plus ultra était le latin. Les bons élèves étaient orientés vers cette option et j'eus l'énorme chance d'en faire partie! A plus d'un titre. D'abord, pendant sept ans, de la Sixième à la Terminale, et ensuite en fac, cette langue m'a accompagnée et soutenue. La grammaire, le lexique, la méthode d'étude, très rigoureuse, tout cela a représenté une aide extrêmement précieuse pour la maîtrise de ma propre langue, le français, et ensuite pour l'apprentissage de toutes les langues que j'ai pu étudier: espagnol, portugais et même russe et anglais. Ce n'était pas une simple initiation. César et la guerre des Gaules, dans le texte! Une immersion extraordinaire dans l'aventure d'une autre époque, auprès de héros en chair et en os! Pas de la simple fiction! Cicéron, Ovide etc. tous ces penseurs que nous pouvions comprendre et écouter!
Je reconnais que le latin , passé l'apprentissage un peu rébarbatif des déclinaisons, est devenu une véritable passion, une drogue, une évasion totale! Quand j'avais un moment, je me plongeais littéralement dans mon Gaffiot, le dictionnaire, -ma Bible perso -et ce, pendant des heures! Chaque phrase était un rébus, un puzzle grammatical qu'il fallait décrypter. Au fil des années, le texte devenait de plus en plus accessible et d'un coup d'œil on pouvait résoudre l'énigme! Ce Gaffiot, je l'ai toujours. On dirait un vieux livre de cuisine qui a servi pendant des décennies. Un peu écorné, la reliure décollée mais toujours aussi magique!