Régime carcéral peut, à certains égards, s'appliquer à l'internat des années 60 et cela dans l'enseignement public. Preuve en est le contrôle du courrier.
De nos jours, les parents doivent trouver maintes astuces technologiques pour surveiller leurs enfants qui ont accès aux réseaux sociaux. La situation était alors tout autre. Nous n'avions pas de téléphone à notre disposition,ni fixe, ni, bien sûr, mobile. Le seul contact qu'avaient les internes avec l'extérieur était le courrier postal. A la rentrée, les parents devaient mentionner, sur une feuille, les personnes autorisées à écrire à leur enfant. Figurait donc leur propre nom, et parfois, rarement, le nom d'un autre membre de la famille. Point barre. Cela signifie que toute lettre provenant d'une autre personne était interceptée, ouverte, lue et communiquée à nos parents. Autrement dit nos ne pouvions recevoir que le courrier de nos parents. Toute proportion gardée, cela me rappelle les pratiques de la dictature franquiste en Espagne ou celles de Fidel Castro à Cuba.
La rage de dents était un cas de figure particulier et encore plus difficile à gérer. Que faire lorsqu'une carie redoutable et inopinée venait tarauder un interne? Là aussi, le règlement avait tout prévu. Les parents devaient mentionner le nom d'une personne adulte, responsable de l'enfant et autorisée à l'accompagner chez l'arracheur de dents...Sinon une surveillant se chargeait de l'affaire...
Maintenant, n'imaginez pas que la sortie chez le dentiste était un prétexte pour une balade au grand air. Pas d'anesthésie pour les caries. Il paraît que je criais avant d'avoir mal...En voilà une idée! Et le self contrôle, alors?